Claire Pauly, la parole d’une avocate renommée

Claire s'est confiée à Ostrala sur son expérience d'avocate au sein de plusieurs cabinets d'avocats. Elle enseigne l'arbitrage et les particularités des litiges post fusions-acquisitions à l’université Paris Panthéon Assas depuis 2011, la stratégie contentieuse à l'université Paris Saclay depuis 2016 et la rédaction de sentences arbitrales au CMAP depuis 2013. Au travers de nombreux conseils, cette interview vous éclairera sans aucun doute par ses multiples expériences et leçons.

Écrit par :

Ostrala, le service de mise en relation juridique spécialisé en droit du travail
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Publié le :

7 octobre 2021

Claire Pauly, avocate au barreau de paris depuis 2011

Dans l'épisode 2 de Parole d'avocats, Ostrala est allée à la rencontre de Claire Pauly, avocate spécialisée en arbitrage international et contentieux complexes.

Elle conseille et représente de nombreuses sociétés et entités étatiques dans divers domaines d’activités, en particulier dans le domaine de l'énergie, de la distribution, de l’aéronautique et des infrastructures, devant les juridictions françaises et arbitrales.

"Les premières années, il est difficile de ne pas abandonner"

• La volonté de devenir avocate : Quelles ont été tes motivations pour te consacrer à la matière juridique et devenir avocate ?

Ma réponse va paraître cliché mais j’ai toujours été mue par le sentiment de justice et la volonté de défendre les causes de ceux qui faisaient appel à moi.
Pas seulement les causes perdues ! Toute cause me semble intéressante à défendre en qualité d’avocat, même celles qui ne correspondent pas à ma propre conviction. J’adore écrire aussi et le métier d’avocat en contentieux / arbitrage permet d’écrire chaque jour, y compris dans des langues étrangères. Enfin, ce métier offre un tel panel d’activités et permet d’exercer dans un nombre infini de secteurs qui nourrissent les insatiables curieux comme moi !



• Ton expérience et ta vision du monde juridique : Tu as bâti ta carrière autour d’un parcours brillant et de nombreuses expériences dans de grands cabinets d’avocats (Freshfields puis Jones Day). Quelles sont les 3 leçons que tu retiens de toutes ces expériences ?

1) Les 2 premières années sont très difficiles ; il est plus facile de baisser les bras et arrêter que de continuer. Et pourtant le meilleur et le plus facile est à venir !
2) Il faut se battre contre soi-même, y compris en ayant recours à des coaches pour permettre d’effacer les croyances limitantes.
3) Il faut se créer un réseau solide, dès l’école du barreau et à tout niveau de sa carrière.



• Tu me parlais la dernière fois de ta compréhension facilitée avec des personnes proches du milieu commercial. Quelles différences majeures distingues-tu entre la vision commerciale et la vision juridique dans les échanges que tu peux avoir dans ton quotidien d’avocate. Quelles sont les astuces que tu utilises pour avoir des échanges facilités avec des personnes proches du monde commercial ?

Je faisais référence aux commerciaux qui ont un rôle clé pour la croissance de l’entreprise, qui la connaissent sur le bout des doigts et qui ont parfois l’impression que nous juristes sommes des « empêcheurs de tourner en rond ». Il m’a été très précieux de m’intéresser, dans chacun de mes dossiers, aux équipes commerciales pour comprendre leur secteur, leur métier et la problématique du dossier. J’ai ainsi pu bâtir une connaissance rapide du secteur en cause qui m’a été précieuse dans les interrogatoires de témoins et experts adverses. S’agissant des astuces je pense qu’il faut oser parler à tous les clients et ne pas se cantonner aux relations avec les juristes.


• Tes conseils : Est-ce que tu aurais un ou deux conseils pour un jeune avocat ou une jeune avocate qui débute sa carrière ?
Quelles sont selon toi les qualités d’un(e) bon(ne) avocat(e) ?


Je dirais qu’il ne faut pas avoir peur du travail et des heures requises pour les études de droit : c’est une matière qui finit par payer. On acquiert la mécanique avec les années et c’est le début d’un véritable cercle vertueux.

Je dirais aussi d’accepter toutes les opportunités - même une traduction banale ou la revue de documents, voire le classement de documents peut faire gagner la confiance d’avocats plus expérimentés et ouvrir des portes. A l’inverse, se prétendre trop qualifié pour réaliser des tâches dites « ingrates » est un très mauvais début - que j’ai malheureusement vu souvent de la part de personnes très diplômées. Dans les cabinets ou j’ai exercé, cette attitude permet de les « blacklister » d’emblée.