Agnès Lafont, la parole d'une future avocate

Agnès s'est confiée à Ostrala sur son expérience et sur son parcours au sein de la faculté de droit Panthéon-Assas et l'école de formation du barreau de Paris. Lauréate du concours de plaidoirie de l’Université Paris 2Panthéon-Assas en 2018 et déjà titulaire du CAPA, Agnès Lafont nous parle ici avec sincérité de son parcours et de la transition parfois complexe entre les études de droit et la vie pratique du métier d’avocat. Au travers de nombreux conseils, cette interview vous éclairera sans aucun doute par ses multiples expériences et leçons.

Écrit par :

Ostrala, le service de mise en relation juridique spécialisé en droit du travail
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Publié le :

18 août 2021

Angès Lafont, titulaire du CAPA en octobre 2020

Pour entamer cette série d'interview de Parole d'avocats, Ostrala est allée à la rencontre d'Agnès Lafont, future avocate spécialisée enlevée de fond et fusion acquisition pour les startups.
Elle a effectuée ses stages de validation du certificat d'aptitude à la profession d'avocat dans des grands cabinets en droit des affaires. Agnès à notamment eu une expérience dans le cabinet d'avocat historique Orrick, Herrington & Sutcliffe LLP spécialisé en droit des affaires.

"Avocate, un métier qui m'était destiné"

• Pourquoi es-tu devenue avocate ? Quelles ont été tes motivations pour faire du droit ?


Quand j’étais petite on me disait souvent que je m’exprimais très bien donc c’est rapidement devenu une blague dans la famille de dire « plus tard Agnès sera avocate ». C’est assez courant que les gens pensent encore que le métier d’avocat c’est de plaider au tribunal alors que c’est de moins en moins le cas, sauf dans certaines branches du droit comme le droit pénal et encore on oublie souvent tout le temps passé à rédiger les conclusions et étudier celles adverses. Et puis mon grand-père m’a emmenée voir les conférences Berryer au palais de justice quand j’étais au collège et ça m’avait assez impressionné. Je pense surtout que j’étais très ambitieuse et je voulais faire un métier prestigieux, dont je puisse être fière.



• Quels sont les moments clés qui t’ont marqué dans cette transition ? Quels sont les bons conseils et ou les cours (école du barreau) que tu as pu recevoir pour passer ce cap ?

J’ai adoré les études de droit, le niveau intellectuel y est très élevé et je me suis nourrie des cours dispensés par les meilleurs professeurs de droit de France donc je me suis toujours estimée très chanceuse à ce niveau là. Le droit est un fondement tel, que je ne comprends même pas que ce ne soit pas déjà obligatoire à l’école. Le droit fait partie de la culture générale et pourtant quand on arrive à la fac on ne sait pratiquement pas ce qu’est une cour d’appel. La transition se fait assez naturellement puisqu’entre la fac et l’exercice du métier d’avocat s’écoule une année et demie de formation à l’école du barreau. Cette formation permet d’appréhender plus concrètement le métier d’avocat avec des enseignements en déontologie etc…Ce qui m’a marqué c’est le « monopole » en quelque sorte des cabinets parisiens internationaux et de l’attraction qu’ils exercent sur les élèves-avocats. Tout le monde veut sa place chez Bredin, White & Case, Dechert, Jones Day etc. Personne ne va te dire « moi je veux aller dans un petit cab à Aix et kiffer ma vie ». A l’école du barreau tout le monde est ambitieux et carriériste, donc ça met une certaine pression et quasiment tout se joue au piston. Finalement c’est assez difficile de connaître les cabinets qui existent en dehors de ce « monopole » et c’est assez dommage…Je pense que le meilleur conseil que je puisse donner c’est de parler à des jeunes avocats de différents types de cabinets (province / Paris, international / français, pénal / affaires / général / propriété intellectuelle).Le métier d’avocat s’exerce de mille manières différentes, selon des paramètres tout aussi différents (taille du cabinet, spécialité, lieu du cabinet etc.) Le deuxième conseil que je peux donner c’est de faire des stages. Il n’y a qu’en faisant des stages en cabinet qu’on peut se rendre compte de ce à quoi ressemblera sa vie dans 5 ans.


• Nous savons que tu as pu faire un concours de plaidoirie. Est-ce que cette expérience t’a permis d’aller au plus proche de ce que tu voulais faire ? Y-a-t-il eu des similitudes avec ta première plaidoirie quand tu étais élève-avocate ?


Le concours de plaidoirie auquel j’ai participé était vraiment génial. Ce que j’ai aimé c’est que j’étais entrain de me spécialiser en droit des affaires et que ma plaidoirie portait sur un sujet de laïcité donc un domaine que je ne maîtrisais pas et qui était assez passionnant. Pour la première fois depuis que je faisais des études de droit j’ai eu l’occasion de plaider donc c’était assez exceptionnel comme moment. J’ai tout de même continué en droit des affaires et plutôt dans le conseil que dans le contentieux. Il s’agissait plus d’une parenthèse cocasse dans mon parcours. Quand j’ai commencé l’école du barreau j’ai fait une permanence en droit pénal au tribunal de Bobigny. C’était du bénévolat, pendant une journée j’ai accompagné une jeune avocate qui défendait dans plusieurs dossiers pour des comparutions immédiates. A cette occasion j’ai plaidé dans un dossier de trafic de drogue, un péruvien qui s’est fait prendre avec 2kg de drogue à Roissy CDG. Honnêtement c’était pas du tout la même expérience que le concours de plaidoirie. Le concours j’avais eu du temps pour le préparer, j’avais répété, le cas était fictif et la plaidoirie avait duré une vingtaine de minutes. En comparution immédiate, j’ai eu le temps de voir le prévenu pendant dix minutes, la comparution avait lieu dix minutes après. J’avais à peine eu le temps de prendre des notes pour plaider. Il fallait que ce soit rapide et puis le principe de la comparution immédiate c’est de juger des faits déjà établis qui ne nécessitent pas d’enquête. A ce moment-là, ma plaidoirie n’a alors pas servi à grand-chose. J’en tire une bonne expérience et une vraie leçon.



• Est-ce que tu aurais des conseils sur le fait de mieux connaître l'écosystème du milieu juridique (participation à des événements etc…). Au regard de cette connaissance, est-ce que tu as eu des critères de choix pour ton cabinet d’avocat. Comment est-ce que tu as fait pour choisir l’endroit de tes stages finaux de l’école du barreau ?


Pour bien connaître l’écosystème des cabinets d’avocats je dirais que la première chose à faire c’est d’être lucide sur les différences qui existent entre les cabinets parisiens et les cabinets en province, les différentes branches (pénalise et affairiste, ce ne sont clairement pas les mêmes métiers),et les tailles des cabinets. Ensuite, une fois que tu sais dans quelle branche tu veux exercer, dans quel type de cabinet tu veux aller, tu peux aller faire un tour dans les salons et forum organisés par ta fac. Mais ces salons et forum ne te servent qu’à connaître les noms des cabinets que tu vises. Pour savoir comment ça se passe au sein du cabinet, rien de mieux que de parler à des anciens stagiaires. Aucun(e) avocat(e) va te dire que tu vas bosser jusqu’à 3heures du matin tous les soirs, weekend compris ! Donc le mieux c’est vraiment de parler avec des anciens stagiaires ou des stagiaires actuels. Et personnellement pour mon stage final, je voulais un gros cabinet international reconnu sur la place pour avoir une expérience dans ce type de structure.